Et si on parlait ?

Un article de WikiEnseignants Guggenheim Bilbao.

Sommaire

Topic 1: Didaktika

Vous avez un doute que vous n'arrivez pas à éclaircir ? Dans cette section, vous pourrez renforcer vos connaissances en résolvant les doutes du quotidien. Vous pouvez poser vos propres questions ou répondre aux questions déjà posées.

L’Intervalle lumineux

Chaos et classicisme : l’art en France, Italie, Allemagne et Espagne, 1918–1936

En réponse aux horreurs de la guerre, lassés de la volonté d’innovation à tout prix qui avait caractérisé les années antérieures au conflit, les artistes européens souhaitent retrouver l’ordre, l’organisation rationnelle et les valeurs pérennes. Ainsi, pendant l’entre-deux-guerres, le retour à l’équilibre et à la plénitude des formes classiques donne lieu à une fusion de modernité et de tradition qui s’éloigne des espaces bidimensionnels abstraits et de la fragmentation du Cubisme, du Futurisme, de l’Expressionnisme et des autres avant-gardes du début du XXe siècle. Avec plus de 150 oeuvres créées dans divers médiums, de la peinture aux arts décoratifs en passant par la sculpture, la photographie, l’architecture, le cinéma ou la mode, cette exposition examine le “retour à l’ordre” qui se produit dans l’entre-deux-guerres en Europe. Plus de 90 artistes, dont quelques-uns des grands maîtres de la première moitié du siècle, comme Georges Braque, Carlo Carrà, Giorgio de Chirico, Otto Dix, Pablo Gargallo, Fernand Léger, Aristide Maillol, Ludwig Mies van der Rohe, Pablo Picasso, Gio Ponti, Émile-Jacques Ruhlmann ou August Sander, sont représentés ici.

Les Missions Pédagogiques de la Seconde République (1931–1936)

29–31 mars

Activités organisées à l’occasion de l’exposition Chaos et Classicisme et dans le cadre d’un nouveau programme d’audiovisuels annuel intitulé PÉDAGOGIES INNOVATRICES. Dans ce premier cycle, une série de conférences et audiovisuels nous transporteront à ces Missions pédagogiques qui apportèrent une vision innovatrice de l'éducation espagnole à l'époque de la Seconde République. Maîtres, artistes et intellectuels parcoururent les localités de toute la géographie espagnole avec divers matériels éducatifs incluant bibliothèques ambulantes, films, musique ou représentations théâtrales, afin de contribuer à l’alphabétisation de la population rurale.

Lieu et heure : Zero Espazioa (places limitées), 18h30. Durée : 2 heures. Prix : 2€ Amis du Musée et 4€ Public en général ; entrées disponibles à partir du 2 mars aux guichets du Musée.

Programmation

Mardi 29 mars

18h30 Présentation par le cinéaste Gonzalo Tapia : L’origine des Missions Pédagogiques.

18h45 Projection de son audiovisuel A lomos de una mula : Las Misiones Pedagógicas de la Segunda República (TVE/Acacia Films, 2006) 55 min.

Colloque

Mercredi 30 mars

18h30 Présentation d’Eugeni Bonet, historien de l’art spécialisé dans la vidéo et écrivain, grand connaisseur de l’œuvre du cinéaste de Grenade, José Val del Omar et de la Residencia de Estudiantes de Madrid où germèrent de grands esprits créatifs de l'époque, participants aux Missions.

19h Projection de l’audiovisuel promotionnel des Missions, œuvre de José Val del Omar : Estampas 1932, Los pueblos. 11 min. Noir et blanc.

19h15 Projection 100% Residencia. Una tradición recuperada (1910–2010) 8 min.

19h25 Projection de Charlot Policeman (1917, 19 min.) dirigée et interprétée par Charles Chaplin dans le rôle de Charlot ; un des films les plus projetés par les Missions dans les différentes localités.

Colloque

Jeudi 31 mars

18h30 Présentation d’Aitor Larrabide, docteur en philologie espagnole et membre de la Fondation Culturelle Miguel Hernández (Orihuela), sur la participation de l'écrivain d’Alicante aux Missions Pédagogiques.

19h00 Projection de l’audiovisuel sur Miguel Hernández (TVE), 35 min.

Colloque

Espaces didactiques

Tout le long de l’exposition, deux espaces didactiques accueilleront, d’un côté un chronogramme avec les grandes dates politiques, historiques, littéraires ou artistiques qui ont jalonné la période de l’entredeux- guerres et, de l’autre, une sélection d’archives sonores originaux qui permettront au visiteur d’approcher quelques personnalités de l’histoire, la politique, l’art, la littérature ou la musique comme Mahatma Gandhi, Adolf Hitler, des membres de la Bauhaus Mies van der Rohe et Walter Gropius, Jean Cocteau, Nancy Astor ou Miguel Hernández.

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Haunted: photographie-vidéo-performance contemporaines

A travers plus d’une centaine de pièces de près de soixante artistes, l’exposition reflète la multitude de formes qu’a adoptées l’image photographique dans son incorporation aux pratiques artistiques les plus contemporaines. Une grande partie de la photographie et de la vidéo contemporaines semble hantée (haunted) par le passé, par l’histoire de l’art, par les apparitions fantomatiques qui reprennent vie au moyen des technologies d’enregistrement, de la performance en direct et de la création de mondes virtuels. En recourant à des moyens stylistiques, à des thèmes et à des technologies dépassés, surannés ou pratiquement disparus, cet art incarne la nostalgie mélancolique d’un passé irrécupérable.

Occupant tout le deuxième étage du Musée, Haunted : photographie-vidéo-performance contemporaines est structurée en cinq catégories formelles et conceptuelles qui traitent des diverses façons dont les différents artistes présentés ici tentent de comprendre et d’aborder le passé : Appropriation et archives ; Mort, publicité et politique ; Documentation et réitération ; Paysage, architecture et passage du temps et enfin, Le traumatique et le sinistre. Certaines oeuvres s’appuient sur des thèmes et des ressources stylistiques qui semblent surannés, obsolètes ou sont quasiment éteints ; d’autres reflètent des épisodes traumatiques du passé historique ; parfois encore, l’oeuvre recrée une pièce antérieure, de telle sorte qu’elle semble hantée par un original perdu ou lointain ; et enfin les images fantomatiques et les icônes morbides du passé comme des ruines et des paysages apocalyptiques dialoguent avec les créations qui analysent le rôle des archives dans la mémoire collective et l’obsession personnelle.

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Andy Warhol Désastre orange nº 5 (Orange Disaster #5), 1963 Acrylique et émail de sérigraphie sur toile 269,2 x 207 cm Solomon R. Guggenheim Museum, New York, donation, collection de la famille Harry N. Abrams 74.2118 © The Andy Warhol Foundation/Artists Rights Society (ARS), New York

L’Âge d’or de la peinture hollandaise et flamande du Städel Museum

Cette exposition est constituée d’environ 130 toiles, principalement du XVIIe siècle, peintes par des maîtres hollandais et flamands. Natures mortes et Vanitas, paysages, portraits et scènes religieuses ou historiques sont distribués par thème dans tout le troisième étage du Musée. La manifestation souligne également la façon dont les goûts et les idéaux concrets de l'élite hollandaise se sont exprimés à travers la peinture historique et le portrait, les scènes de genre, les natures mortes et les paysages.

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Jan Vermeer van Delft Le géographe, 1669 Huile sur toile 51,6 x 45,4 cm Städel Museum, Frankfurt am Main


En quoi consiste Didaktika?

Didaktika comprend une série de programmes et de sections éducatives à l’intérieur du Musée, dans lesquels des clés et des outils d’interprétation ont été conçus pour aider les visiteurs à mieux comprendre et apprécier les œuvres exposées dans le contexte de l’art international. Cet espace éducatif, conçu pour accompagner l’exposition ©MURAKAMI, se compose des sections suivantes:

	Questions clé : des réponses brèves à des questions comme « qui, quoi, pourquoi, saviez-vous que ? » tentent de fournir une information élémentaire sur des concepts clé de l’œuvre de Takashi Murakami. 
	Espace lecture : Mise à disposition des visiteurs d’une sélection de publications en rapport avec l’œuvre de Murakami. 
	Espace informatique : Une chronologie de l’histoire et de la culture du Japon et la chronologie sélective de Takashi Murakami sont présentées dans cette section. 
	Espace audiovisuels: Projection de documentaires et de films en rapport avec l’artiste. 
	Espace ateliers: dans cette section, les enfants et les Amis du Musée pourront participer à des ateliers en rapport avec l’exposition et la culture japonaise. 

Takashi Murakami

Qui est...

...Takashi Murakami? Takashi Murakami (Tokyo, 1962) est l’un des artistes japonais les plus influents des dernières décennies. Son œuvre intègre des disciplines aussi diverses que la peinture, la sculpture, le design industriel, l’animation, la mode et d’autres supports, ainsi que le merchandising. Il appartient à une génération d’artistes qui a surgi suite à l’essor économique japonais de la fin des années quatre-vingt et dont le vocabulaire se nourrit de la culture populaire. Son œuvre analyse la société contemporaine japonaise, l’héritage de sa tradition culturelle, son expansion après la II Guerre Mondiale et ses rapports avec l’Occident, en particulier avec les États-Unis.

...Oval? Oval Buddha est un autre des personnages créés par Murakami. Sa tête a deux visages, l’un est méditatif, avec une grande bouche fermée qui ressemble à celle d’un crapaud et une barbichette comme celle de l’empereur japonais ou, d’ailleurs, comme celle de l’artiste lui-même. L’autre visage montre une bouche ouverte sur une sorte de sourire, avec de terrifiantes dents de vampire. Le petit corps est assis sur un lotus que l’artiste a emprunté à la tradition statuaire bouddhiste Kamakura du XIIe siècle. La figure et le support s’érigent sur un éléphant aplati, symbole bouddhiste de la résistance et de la force invincibles. Le personnage d’Oval apparaît dans plusieurs œuvres de Murakami. Murakami le créa pour la première en 1999 lorsqu’il fut chargé par le styliste d’Issey Misake, Naoki Takizawa, de créer un personnage symbolique pour une nouvelle ligne de T-shirts. Ces T-shirts allaient être comprimés et vendus dans un emballage ovoïde. Le thème était Humpty Dumpty, un personnage en forme d’œuf tiré d’une comptine anglaise pour enfants. Le design résultant inclut des éléments d’Humpty Dumpty mais aussi ceux d’un monstre japonais appelé Hyakume, ou Cent-Yeux. Comme beaucoup de personnages de Murakami, Oval a expérimenté de nombreuses réincarnations à travers une multitude de supports, dont la peinture, la sculpture, les poupées gonflables et des objets à collectionner. L’Oval Buddha en argent allie l’art bouddhiste à des références sculpturales occidentales et à certains motifs caractéristiques du propre artiste; il est la preuve que Murakami continue d’explorer son identité culturelle, nationale, religieuse et artistique.

...Kaikai & Kiki? Kaikai et Kiki son deux personnages qui représentent les gardiens spirituels de l’artiste. L’un est blanc avec de longues oreilles et une bouche ouverte sur un sourire (Kaikai), et l’autre est rose, avec de petites oreilles, trois yeux et des dents de vampire (Kiki). Le terme kaikaikiki fut utilisé dans le livre Honcho gashi (Histoire de la peinture japonaise, répertoriée par Kano Sansetsu et Kano Eino) pour décrire l’œuvre de Kano Eitoku, un artiste du XVIe siècle réputé pour être le génie du style Kano. Il utilise des caractères japonais pour écrire cette expression sur les oreilles de ses personnages, dont l’origine se trouve dans cette description même de l’œuvre de Kano: kaikaikiki, “bizarre, mais charmant” kikikaikai, “délicat, mais audacieux”. L’artiste espère que ces dichotomies complexes puissent émaner de ces deux œuvres. Kaikai et Kiki apparaissent sous forme de sculpture, de peinture ou de dessin, ensemble ou séparés, ou encore accompagnés d’autres personnages.

...MR. DOB? Murakami crée des personnages qui se convertissent en icones, voire en logos, de son univers imaginaire visuel. En 1993, il invente Mr. DOB, qui acquiert une valeur d’alter ego ou d’autoportrait. Mr. DOB est une simple figure ronde avec deux oreilles ; l’oreille gauche porte en inscription la lettre D et la droite, la lettre B ; le visage a la forme d’un O, d’où la lecture de son nom. Le nom de DOB est la contraction de l’expression « dadaïste » japonaise “Dobojite dobojite”, (Pourquoi ? Pourquoi?), issue de la bande dessinée Inakappe Taisho, et de “oshamanbe”, leitmotiv du comédien japonais Tōru Yuri. Avec Mr. DOB, Murakami chercha à créer un icone qui, tout en étant authentiquement japonais, aurait une portée universelle. L’artiste s’est inspiré d’un personnage appelé Doraemon: une sorte de chat-robot issu d’un manga (bandes dessinées japonaises) et d’ « anime » (animation). Il est aussi influencé par Sonic le Hérisson, un personnage de jeux vidéo et de dessin animé.

...MR. POINTY? Mr. Pointy et les quatre gardiens sont inspirés d’un ensemble de sculptures bouddhistes traditionnelles ; Mr. Pointy siège au centre, flanqué de quatre gardiens ; ceux-ci, juchés sur des piédestaux, flottent en l’air comme s’ils étaient entrain de descendre sur le monde par-dessus les nuages. La figure représente un amalgame d’attributs symboliques inspirés de l’art maya précolombien et de l’iconographie bouddhiste tibétaine.

...JIKOKU-KUN? Jikokukun est “celui qui préserve l’État” ou “le gardien des terres de l’est”, ou si on extrapole, le gardien du monde, symbolisé par l’épée qu’il tient dans sa main. Cette figure est une version actuelle de Jikokuten.

...ZOUCHO-KUN? Zoucho-kun, “celui qui fait grandir” ou le “patron de la croissance”, garde le sud et libère les gens de la souffrance. Cette figure est une version actuelle de Zochoten.

...TAMON-KUN? Dans l’iconographie originale, Tamon-Kun, “celui qui entend tout”, est sensé protéger le nord et prier pour sauvegarder les lieux sacrés. Cette figure est une version actuelle de Tamonten.

...KOUMOKKUN? Koumokkun, “celui qui voit tout”, garde l’ouest, grâce à son pouvoir qui lui permet de voir à travers le mal. Cette figure est une version actuelle de Komokuten.


Pourquoi...

… Murakami utilise des références de l’ART TRADITIONNEL JAPONAIS? Murakami a suivi des études de nihonga, un style de peinture japonais de la fin du XIXe siècle. Le nihonga combine des propriétés artistiques occidentales et orientales et représente des thèmes traditionnels en employant des pigments naturels. Il a aussi été influencé par d’autres aspects de la tradition japonaise, comme l’iconographie bouddhiste, les rouleaux peints du XIIe siècle, la peinture zen et les techniques de composition de la peinture excentrique de la période Edo, du XVIIIe siècle.

… il est influencé par la CULTURE AMÉRICAINE, le POP ART et, surtout, par ANDY WARHOL? Dès son enfance, il a déjà été influencé par la culture américaine, grâce à son père qui travaillait dans une base navale des États-Unis. Ensuite, il s’intéressa énormément au cinéma d’Hollywood (George Lucas et Steven Spielberg, surtout), aux dessins animés de Walt Disney et au Pop Art, et principalement à Andy Warhol. Comme Andy Warhol, Murakami fusionne le grand art et la culture populaire, en utilisant des images et des thèmes de la culture populaire comme thème principal de ses œuvres. Dans ses théories pleines d’originalité, il se réfère à ce concept comme Superflat. Murakami a appris d’artistes pop comme Warhol, Roy Lichtenstein et Richard Hamilton, à remettre en question la signification du mot “pop”. Après avoir analysé leurs œuvres, il est arrivé à la conclusion que l’art pop est la culture des pays qui sortirent victorieux de la II Guerre Mondiale, alors que dans les nations vaincues, ce concept ne se consolida jamais. Selon Murakami, les pays qui perdirent la guerre n’étaient pas à la hauteur de l’essor économique de l’époque et ne pouvaient produire qu’à bas coût. Murakami n’essaie pas de créer du pop mais des œuvres qui naissent d’un environnement plat. L’art Superflat cherche à confronter le pop. Murakami apprit que le secret du succès dépend d’une combinaison entre le développement de multiples activités extra-artistiques et la création d’icones pour les musées. Et bien que la principale stratégie Murakami y ressemble beaucoup, ses activités hors du domaine artistique proprement dit représentent une part cruciale de l’équation et ne sont pas tant une satire des conventionnalismes commerciaux et de l’organisation d’expositions, qu’une incorporation très sérieuse de ces derniers.

Qu’est-ce que...

...ANIME? Anime est un mot français que les Japonais utilisent pour désigner l’animation en général ; dans le monde occidental, on l’utilise pour désigner le cinéma d’animation japonais. Selon Murakami: “Voir bouger les dessins est une expérience qui n’a rien à voir avec le graphisme réalisé par ordinateur ; j’adore les dessins animés”.

...SUPERFLAT? Murakami s’est formé dans le style pictural traditionnel japonais et a grandi dans une société où la hiérarchie sociale avait perdu de sa vigueur. Il est le créateur, dans ses écrits, du style artistique Superflat (superplat), un terme qui a aussi servi à qualifier son œuvre. Avec un style qui se caractérise par son aspect bidimensionnel, ce concept se réfère aussi à la dissolution des limites entre le grand art et la culture populaire, et apporte une perspective critique de la propre structure de l’art. L’espace pictural dans ses œuvres est littéralement plat (“flat”) et peut être lu de la même manière depuis différents points de vue.

...OTAKU? Otaku est le terme japonais qui désigne les fans du manga, de l’ « anime » et des jeux vidéo.

...MANGA? Manga est le mot japonais pour désigner les bandes dessinées. Hors du Japon, on l’utilise pour se référer exclusivement à la bande dessinée japonaise contemporaine. Ce terme s’est popularisé à travers l’œuvre du peintre et graveur japonais Hokusai (1760–1849). Le manga englobe tous les genres et touche les secteurs les plus variés ; il est employé sous divers formats, comme les séries de dessins animés, les films, les séries télévisées, les jeux vidéo ou les romans.


...POKU? Murakami utilise le terme POKU pour décrire son travail, un mot formé de l’union de deux termes : pop + otaku.


Le saviez-vous...

En 2001 Murakami crée Kaikai Kiki Co. Ltd., une corporation internationale qui rassemble sa production artistique, ses films d’animation et une gamme étendue de merchandising. Il collabore aussi commercialement avec d’autres créateurs et entreprises et organise des manifestations d’art, comme GEISAI, un salon auquel participent de jeunes créateurs des disciplines les plus diverses. Pour Murakami, l’art fait partie de l’économie et a forgé un nouveau modèle d’entreprise basé sur la transformation de stratégies de marché et sur une économie orientée aux services.


Laboratoires : la ville de Miquel Navarro

Le Musée Guggenheim Bilbao a présenté une nouvelle édition de la série d’expositions didactiques intitulée Laboratoires, des espaces qui offrent au spectateur l’opportunité de découvrir l’œuvre, les intérêts et les préoccupations esthétiques et formelles de certains artistes représentatifs de la collection du Musée.

À cette occasion, Miquel Navarro a présenté l’installation Ton monde, ta ville (Tu mundo, tu ciudad'), dans laquelle il met à la disposition de l’imagination des visiteurs près de 2.000 pièces en aluminium pour qu’ils réinventent à leur guise la maquette d’une ville. L’installation sera présente dans le musée jusqu’au 11 janvier prochain.


Que pouvons-nous trouver dans cette installation ? Qu’y a-t-il derrière?

Le visiteur a pu construire des édifices, des ponts et, pourquoi pas, une réplique du Musée Guggenheim Bilbao, mais le plus intéressant consiste sans doute à réaliser un effort pour aller au-delà de la pure édification et pour dépasser la simple matérialité de l’édifice ou construction architecturale. Dans cette installation, Navarro a voulu que chacun d’entre nous puisse construire son propre monde, une métaphore qui, selon ses propres mots, nous permette de nous exprimer dans un style poétique sur le désir, le pouvoir ou la solitude, entre autres. Le but de Navarro n’est pas d’obtenir une ville idéale ou utopique. Le chaos et le désordre doivent y avoir leur place puisqu’ils font partie de l’être humain, et donc, de la ville. Il est également intéressant de constater la présence éventuelle de la nature, en soulignant le parallélisme que Navarro établit dans ses villes avec le corps humain. La ville est corps, artères, cœur, cerveau…la ville est physique et psychique. "La ville est comme un corps, avec ses éléments horizontaux, les artères, et verticaux, comme les murs et les tours. Lorsque vous définissez votre ville, c’est un corps que vous définissez"

Les activités proposées dans le cadre du Musée sont axées sur l’intérêt de l’artiste pour les villes, la sculpture, l’interaction du public avec ses œuvres, la photographie, le corps humain et son rapport avec les espaces publics, entre autres thèmes.

Ce n’est pas la première fois que Miquel Navarro produit des œuvres à des fins didactiques. En 1993, il créa la ville imaginaire Sous la lune II (Bajo la Luna II), formée de cheminées d’usines, de canaux d’irrigation et de gratte-ciel jouxtant de simples maisons, une œuvre qui appartient actuellement à la collection du centre Georges Pompidou de Paris.

Topic 2: Éducation dans l’art ou divertissement dans le Musée?

Une visite au Musée a pour but de susciter chez les élèves des réactions face à l’art et à l’architecture qui soient originales, positives, personnelles et divergentes. L’objectif est qu’ils essaient d’acquérir des compétences élémentaires pour analyser l’art en général. Cette analyse se base sur le dialogue face à l’œuvre d’art et sur la participation active. Pour encourager le dialogue et la participation, nous nous servons de questions ouvertes qui peuvent donner lieu à plusieurs réponses valides, au lieu d’une seule réponse correcte. Avec un peu de chance, les questions amèneront encore plus de questions!

L’objectif est de parvenir à ce que l’élève, à travers ses propres efforts, construise peu à peu la connaissance. Le contenu apporté par l’éducateur n’est pas une fin en soi, mais plutôt une information qui sert de base à la formulation d’autres questions ouvertes.

Le centre d’attention se déplace vers les élèves, même si c’est l’éducateur qui conduit le débat, en mettant en confiance tous les membres du groupe de telle façon que cette confiance amène la participation.

Une réponse n’est jamais bonne ou mauvaise. La discussion entre les membres du groupe peut s’avérer intéressante.

Comment formuler les questions?

Questions ouvertes
La façon de questionner est cruciale. Les questions dont la réponse est oui ou non, ou celles à réponse univoque, ne génèrent aucun débat:

  • Quelle est la couleur du chapeau?
  • De quoi est faite cette sculpture?
  • À quel moment du jour l’œuvre est-elle peinte?

Ces questions n’ont qu’une seule réponse et ne suscitent donc aucun dialogue ni débat. Elles peuvent servir à introduire les questions qui vont réellement amener l’élève à réfléchir. Par exemple:

  • Pourquoi l’artiste a-t-il choisi ces couleurs pour la peinture? Que te suggèrent ces couleurs ? Si on utilisait d’autres couleurs, en quoi le résultat serait-il différent?
  • Pourquoi penses-tu que l’artiste a choisi cette matière pour créer cette sculpture ? Qu’est-ce qui l’intéressait dans cette matière? Comment serait cette sculpture dans une autre matière? Quelles sensations te produirait-elle?
  • Imagine que tu puisses entrer dans le tableau : que ressens-tu ? Que vois-tu autour de toi?
  • Quel titre pourrait-on donner à cette œuvre?

Ces questions ouvertes vont bien au-delà d’un simple recueil d’informations: elles cherchent des opinions, soulèvent des hypothèses ou même des questions. Il s’agit ici d’insister sur le pourquoi plus que sur le quoi ou le comment. L’objectif final est de susciter des réponses différentes, personnelles et divergentes, d’explorer des idées et non de résoudre un problème mathématique.

Questions à éviter
Questions dont la réponse est oui/non:

  • Est-ce que cette œuvre donne une impression de chaos?
  • Les formes géométriques étaient-elles importantes pour Kandinsky?
  • Quand vous regardez ce tableau de Hoffmann, pouvez-voir les formes colorées qui flottent dans le fond vert?

Questions qui contiennent la réponse dans la formulation:

  • Les figures sont disproportionnées, n’est-ce-pas?
  • Tu vois comment l’artiste coupe l’image pour mettre en valeur...?
  • Penses-tu que cette peinture s’appelle « peinture d’action » à cause de ces coups de pinceau rapides et énergiques?

Questions à réponse unique que l’élève a déjà mémorisée:

  • Quelle est la définition de ...?
  • Je me souviens d’un autre édifice que Frank Gehry a créé à Los Angeles, quelqu’un sait-il de quel édifice je parle?

Exemples de questions

Lorsque le groupe n’est pas très actif, nous pouvons l’encourager avec des questions comme:

  • Et quoi encore?
  • Bien, d’autres idées à ce sujet?
  • Quelqu’un a-t-il une opinion ou une idée différente?
  • Vous êtes d’accord ? Vous n’êtes pas d’accord?
  • L’autre jour, un autre groupe a dit que cette œuvre lui paraissait... vous êtes d’accord?
  • Certains critiques disent que cette œuvre symbolise....d’autres... Qu’en pensez-vous? Donnez plusieurs interprétations si possible.
  • Que savez-vous de ce musée ? Que pensiez-vous trouver ici?

Il faut attendre qu’ils donnent des réponses, demander plusieurs opinions, ne pas nous satisfaire d’une seule réponse.

Questions qui font intervenir les sens:

  • Imagine que tu puisses entrer dans un tableau de..., que sentirais-tu?
  • Si on pouvait entendre parler ces personnages, que diraient-ils?
  • Nous allons nous mettre dans la peau de ce personnage pour voir ce que nous ressentons.

Questions qui requièrent des idées ou des interprétations personnelles:

  • Quand tu regardes ce tableau, quelle est la première chose qui te vient à l’esprit?
  • Réactions devant cette vidéo/ cette photo...?
  • Quelle état d’âme te transmet-elle ? En admettant toujours la possibilité que l’œuvre puisse ne rien nous transmettre.

Incorporez des informations importantes sur l’œuvre d’art pour introduire la question : (à condition qu’elles ne correspondent pas à la réponse finale mais à une introduction ou à un indice pour notre question)

  • Rosenquist a travaillé comme peintre de panneaux publicitaires, comment cela se reflète-t-il dans ses œuvres?
  • Expliquer la méthode de création, comment a été réalisée l’œuvre d’art, peut servir de point de départ à nos questions.

Classer les questions

L’ordre des questions est crucial. Nous devons commencer par questionner sur l’objet et ses caractéristiques, pour atteindre ensuite le concept général que nous voulons expliquer. Démarrer par les aspects simples pour aboutir aux aspects complexes. Nous commencerons par les questionner sur leurs impressions face à l’œuvre pour ensuite dévoiler peu à peu des informations sur l’artiste et sur l’œuvre, pour finir en posant des questions plus complexes touchant à sa signification.


Topic 3: Programmes Sociaux

Le Musée Guggenheim Bilbao introduit ses activités éducatives dans les hôpitaux de Cruces et Basurto.

Le Musée Guggenheim Bilbao a proposé en 2008, année de la célébration de son Dixième Anniversaire, de transférer les activités qu’il organise tout au long de l’année pour les familles, aux hôpitaux de Cruces et Basurto, afin d’étendre la mission didactique du Musée à d’autres sphères du Pays Basque. Le 9 février, la signature de l’accord de collaboration entre le Musée et les institutions sanitaires réunissait le Directeur du Musée, Juan Ignacio Vidarte, le Gérant de l’Hôpital de Cruces, Mikel Álvarez, le Gérant de l’Hôpital de Basurto Jon Darpon et Gorka Martínez, Directeur de la Fondation BBK, qui parraine les activités éducatives du Musée. Ainsi, les enfants de 3 à 12 ans hospitalisés à Cruces et Basurto peuvent-ils participer à un programme varié et amusant d’activités et d’ateliers, qui leur permet de se familiariser avec l’art contemporain à travers des images de la Collection Permanente et des expositions temporaires du Musée, de façon ludique et en même temps pédagogique. À partir des images d’œuvres d’art appartenant aux expositions du Musée et de sa collection permanente, les enfants commentent des concepts artistiques et créent leurs propres œuvres d’art, assistés par les professeurs de ces hôpitaux, qui travaillent en collaboration avec les artistes chargés de l’organisation de ces mêmes activités dans le Musée. Parmi les programmes mis en place:

	Des sculptures pleines d’histoire. Apprendre le langage caché des sculptures et s’en inspirer pour inventer des histoires. 
	Recettes artistiques. Toutes les « recettes » pour mélanger des matières dans la cuisine de l’art. 
	Ateliers Puppy. Imaginer des histoires en s’inspirant de la célèbre œuvre de Jeff Koons. 
	
	
	
	J’étais là-bas: la mémoire et l’art. Créer des œuvres d’art inspirées de souvenirs qui resteront pour la postérité. 

Une nouvelle activité est proposée chaque mois ; en fonction des nécessités et des possibilités des enfants, le programme varie ou est adapté par les professeurs de la section scolaire de l’hôpital au fil des années scolaires.