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Ordres de la Nuit

Né en Allemagne quelques mois avant la dernière bataille européenne de la Deuxième Guerre Mondiale, Anselm Kiefer grandit en étant témoin des conséquences de la guerre moderne et de la division de son pays. Il vécut aussi la reconstruction d'une nation fragmentée et sa lutte pour se recomposer. Kiefer se consacra à étudier les modèles entrecroisés de l'histoire et de la mythologie allemandes et comment ils contribuèrent à l'apparition du fascisme. Il aborda ces questions en violant des tabous esthétiques et en ressuscitant des symboles sublimés. Dans l'un de ses premiers projets, la série Occupations (Besetzungen, 1969), Kiefer se photographia lui-même en train de réaliser le salut nazi dans plusieurs endroits lors d'un voyage à travers la Suisse, l'Italie et la France. Les peintures postérieures, des paysages immenses et des intérieurs architecturaux, auxquels ils appliquaient du sable et de la paille, évoquent l'héritage politique et littéraire de l'Allemagne. On y retrouve de multiples références aux légendes des « Nibelungen » et à Richard Wagner, à l'architecture d'Albert Speer et à Adolf Hitler. Dès le milieu des années 1980, et concrètement après s'être installé dans le sud de la France au début des années quatre-vingt-dix, Kiefer élargit son iconographie pour aborder des thèmes plus universels comme la civilisation, la culture et la spiritualité, en s'inspirant de la Kabbale, de l'alchimie et de la mythologie de l'Antiquité, entre autres thèmes.

En 1995, Kiefer commença à réincorporer la figure humaine à son œuvre. Dans plusieurs œuvres réalisées entre 1995 et 1996, on le voit allongé par terre, comme un cadavre. Dans Les célèbres ordres de la nuit (Die Berühmten Orden der Nacht, 1997), Kiefer se reproduit lui-même comme une figure solitaire allongée sur un sol sec et craquelé, sous l'immense manteau des étoiles. Kiefer est fasciné par le firmament nocturne et les différentes interprétations dont il a fait l'objet tout au long de l'histoire, et en particulier celles qui le décrivent comme un royaume divin et mystérieux qui nous ramène à nos origines et à notre destin. « La spiritualité », explique l'artiste, « consiste à connecter avec une connaissance plus ancienne et à essayer de trouver un fil conducteur entre les raisons qui nous poussent à chercher le ciel. Le ciel est une idée, une partie de [...] d'une connaissance ancienne »[1].

Note : 
1. Michael Auping. Anselm Kiefer: Heaven and Earth, New York, Prestel, 2005, p. 166, p. 168.

Source(s) : 
Nancy Spector. « Anselm Kiefer », Spector. Éd. Guggenheim Museum Collection: A to Z. 3ème rév. éd. New York, Solomon R. Guggenheim Museum, 2009.
Miguel López-Remiro. « Anselm Kiefer », Colección del Museo Guggenheim Bilbao, Bilbao, Guggenheim Bilbao Museoa ; Madrid, TF Editores, 2009.
« Anselm Kiefer », La Collection Permanente des Musées Guggenheim. Bilbao : Guggenheim Bilbao Museoa, 2007.

Anselm Kiefer

Ordres de la Nuit (Die berühmten Orden der Nacht), 1997

Acrylique et émulsion sur toile

510 x 500 cm

Guggenheim Bilbao Museoa

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