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Maquette de travail pour Gouvernement du peuple

Jacques Lipchitz, né en Lituanie (à l'époque partie de la Russie Tsariste) en 1891, et qui reçut le nom de Chaim Jacob Lipchitz, vécut et travailla à Paris entre 1909 et 1940, année à laquelle l'invasion nazi l'obligea à fuir et à émigrer aux États-Unis, où il passa les dernières décennies de sa vie. Lipchitz est principalement connu pour ses sculptures cubistes de la décennie de 1910, qu'il créa comme des équivalents sculpturaux aux innovations picturales de Pablo Picasso, Georges Braque et Juan Gris, en utilisant des moyens sculpturaux traditionnels pour tailler le bois ou la pierre et mouler en bronze. Il est également connu pour les « transparents » qu'il commença à réaliser au milieu des années vingt, époque à laquelle les blocs solides et les bas-reliefs de ses sculptures cubistes laissèrent place à des formes plus ouvertes.

De 1962 jusqu'à sa mort en 1973, Lipchitz créa une série de sculptures publiques aux proportions monumentales aux États-Unis et en Israël. Parmi celles-ci, se distingue Gouvernement du peuple, une œuvre commandée par la ville de Philadelphie en 1967, pour le parvis sur lequel se trouve le Bâtiment des Services Municipaux, face à l'Hôtel de Ville. En suivant son processus habituel, Lipchitz développa la conception de la sculpture avec plusieurs esquisses en plâtre, dont deux furent coulées en bronze. Dans la première de ces deux études en bronze, la tour de corps entrelacés, dont la forme fut décrite par Lipchitz comme « une sorte de totem » [1], s'élève jusqu'au drapeau de Philadelphie. Dans la deuxième, Maquette de travail pour le Gouvernement du peuple (il réalisa sept copies, dont une fait partie de la collection du Musée Guggenheim Bilbao), le drapeau est devenu un groupe de figures étendues. Ces figures sont conservées dans la version finale de la sculpture, pour laquelle l'artiste réalisa un modèle en plâtre de taille naturelle avant de mourir en 1973. La fonte, le montage et l'installation furent réalisés de façon posthume, en 1976, sous la supervision de la veuve de Lipchitz.

Cette importante sculpture, que Lipchitz défendait comme « une de mes meilleures » lorsque la commande fut, au début, le motif d'une certaine polémique en Philadelphie [2], est en relation formelle avec son précédent langage cubiste. Elle reflète également la vision démocratique de l'artiste : bien que le titre fut donné par le comité qui commanda la pièce après avoir vu une étude précédente, l'œuvre est, selon les termes de Michael Taylor, « fidèle à la vision de Lipchitz de la lutte constante et héroïque de l'humanité pour créer un monde meilleur et son triomphe final grâce au dévouement et au soutien mutuel » [3]

Notes:

1. Jacques Lipchitz avec H. H. Arnason. Dans : My Life in Sculpture. New York : Viking Press, 1972, p. 222.

2. Jacques Lipchitz. Cité dans Zachary Stalberg. "Sculptor Chisels Away at Rizzo-and Vice-Versa". Philadelphia Daily News, 24 mai 1972 ; cité dans Michael R. Taylor. Jacques Lipchitz and Philadelphia. Philadelphia Museum of Art Bulletin, été 2004, 92, Nº 391-92, p. 44.

3. Taylor. Jacques Lipchitz and Philadelphia, p. 43.

Jacques Lipchitz

Maquette de travail pour Gouvernement du peuple (Working model for Government of the People), 1967

Plâtre avec gomme laque

127 x 73,7 x 35,6 cm

Guggenheim Bilbao Museoa
Donation The Jacques and Yulla Lipchitz Foundation, Inc.
New York

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