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Levitas

Élevé tout d'abord dans son Pays Basque natal et, plus tard, à Paris et Berlin, Javier Pérez commença à créer des œuvres d'art au début des années 1990, en introduisant une tournure unique et personnelle dans l'art corporel qui était populaire en Europe à cette époque. Dans des objets sculpturaux, des performances, des dessins et des vidéos attrayants visuellement, Pérez a produit des images inverses de notre intériorité, plaçant au périmètre les traits impurs et animalistiques qu'abrite notre intérieur. Par conséquent, il annule ou altère la « socialisation » du corps qui se produit par le langage et la culture imposés, et accède à un « espace naturel, primordial et pré-culturel »[1].Dans son exploration du corporel et de la frontière entre le moi et le monde extérieur, Pérez réfléchit à la vulnérabilité et à la fragilité de l'identité, et à la nature précaire de notre existence.

Dans l'installation Levitas, une figure absente a laissé une empreinte mystérieuse : une piste de boules en verre informes portant des empreintes de pas. Levitas est la première œuvre de l'artiste créée en verre, un moyen qui, selon indiquait Pérez, est en relation avec le corps puisque la respiration est utilisée dans le soufflage du verre traditionnel. L'artiste décrit la « magie du verre » comme « un processus pendant lequel l'intérieur se déplace vers l'extérieur, avec toutes ses limites »[2]. Dans l'œuvre Levitas, la substance fragile de notre moi intérieur est incarnée par les sphères cristallines. L'utilisation du verre dans cette œuvre déchaîne un jeu métaphorique : la forme du pied est attrapée à l'intérieur des boules en verre, qui sont comme des chambres pneumatiques transparentes, de sorte que, bien que le caractère physique du corps soit éphémère, la recherche de contact avec le monde extérieur se trouve limitée par une autre peau externe. Les pieds peuvent suggérer des pas ailés, par référence au besoin de l'homme d'échapper à lui-même pour être perméable au monde, une idée importante chez Pérez. Cependant, les boules dans lesquelles ils se trouvent les attachent au sol pour qu'ils ne puissent jamais se détacher. De cette façon, Pérez fait référence au vol infructueux de notre intérieur vers l'extérieur.

Notes : 
1. Javier Pérez. Cité dans Teresa Blanch. « Huéspedes y gemelos », Javier Pérez : Mudar, Bilbao, Sala Rekalde, 1998, p. 34 ; Conversations tenues avec Teresa Blanch en novembre 1997.
2. Teresa Blanch. « Rojo », Javier Pérez : Mutaciones, Madrid, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Palacio de Cristal, 2005, p. 42. Conversation tenue entre Javier Pérez et Teresa Blanch, à Barcelone, entre février et avril 2004.

Source : 
Teresa Blanch. « Javier Pérez », Colección del Museo Guggenheim Bilbao, Bilbao, Guggenheim Bilbao Museoa ; Madrid, TF Editores, 2009.

Javier Pérez

Levitas, 1998

Verre soufflé

Dimensions selon emplacement

Guggenheim Bilbao Museoa

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