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L’art de notre temps. Chefs-d’œuvre des Collections Guggenheim

23 septembre 2014 – 3 mai 2015

Parcourir un sentier, quelque part, et sentir une partie, une partie de la nature, comme une clôture, quelque chose sur le chemin. Et je me sens euphorique de le regarder à nouveau, de voir à nouveau que le ciel est bleu et l'herbe verte1.

À la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la création artistique prend un nouveau cap, tant en Europe qu'au-delà de ses frontières. Aux États-Unis, et en particulier à New York, nouveau cœur de l'avant-garde artistique mondiale, les artistes adoptent un style hautement expressif basé sur le geste qui est baptisé Expressionnisme Abstrait. Ces créateurs s'intéressent à l'acte même de peindre et aux matériaux, mais cherchent aussi à accéder à leur inconscient et à leur émotions.

Alors que la plupart des expressionnistes abstraits s'éloignent de la représentation du monde réel en faveur de l'expression de leur vie intérieure, Willem de Kooning (1904-97) continue à recourir au monde extérieur comme source d'inspiration de ses toiles abstraites. Critiqué par ses collègues pour ce retour à la représentation, jugé rétrograde, entre 1950 et 1955, De Kooning complète sa célèbre série Femmes (Women), dans laquelle il traite la forme humaine avec un mélange d'application agressive de la peinture, de couleurs criardes et d'expérimentation. En revanche, au cours de la seconde moitié des années cinquante, il revient au paysage : d'abord l'environnement de son atelier au centre de Manhattan, puis un cadre plus idyllique hors de New York et près de l'Océan Atlantique.

Pour peindre Villa Borghese (1960), De Kooning s'est inspiré d'un paysage de Rome, où il a passé environ cinq mois en 1959-60. Le titre renvoie à un parc public bien connu qui compte un lac et plusieurs fontaines. Les chaudes tonalités méditerranéennes du tableau évoquent le soleil, le ciel, l'eau et l'herbe dont se souvenait De Kooning. L'artiste n'a pas peint la toile sur place, mais à son retour à New York, de sorte qu'il s'agit plutôt d'une traduction subjective de ses souvenirs et non de la représentation d'un paysage précis2.

1 Willem de Kooning. A Tree in Naples, 1960, Museum of Modern Art, The Collection, dernier accès : 29 juin 2011.

2Villa Borghese, Musée Guggenheim Bilbao, La Collection : La Collection Propre, dernier accès : 29 juin 2011.

 

  • Observez Villa Borghese de Willem de Kooning. Demandez à vos élèves ce qu'ils perçoivent. Veillez à ce qu'ils mentionnent les traits de pinceau, les couleurs et les dimensions (pour que les dimensions de l'oeuvre soient claires, vous pouvez indiquer sa taille, qui figure au pied de l'image, et la comparer à un objet de la classe.)
  • Que leur suggèrent les couleurs? Demandez-leur de leur donner un nom comme s'ils travaillaient chez un fabricant de peintures (par exemple jaune canari). Quels sons, odeurs ou saveurs leur évoquent-elles ?
  • Attirez l'attention de vos élèves sur les traits de pinceau. Comment les décriraient-ils ? Quel état d'esprit traduisent-ils ? Comment, à leur avis, De Kooning a-t-il dû se déplacer pour créer cette œuvre ?
  • Dites à vos élèves le titre de la toile et que l'artiste s'est inspiré d'un grand parc public qu'il a visité à Rome : il s'agit d'un espace vert qui abrite des fontaines, un lac artificiel, de larges allées ombragées, des temples, des statues et des musées. Quels aspects du parc voit-on reflétés dans l'œuvre ?
  • Montrez-leur des images du parc Villa Borghese pour qu'ils les comparent au tableau.
  • De Kooning a peint cette toile après son retour à New York. Demandez à vos élèves quelles différences peut-il y avoir entre peindre quelque chose que nous avons devant nous ou peindre en partant de souvenirs. Comment aurait été cette œuvre si l'artiste l'avait peinte sur place ?
  • De Kooning a été critiqué pour s'être éloigné de la peinture abstraite qui exprime des états intérieurs et psychologiques, et pour s'inspirer du monde qui l'entourait. Quels sont les avantages et les inconvénients de chaque démarche ?

Lieux abstraits

  • Au cours de cette activité, les élèves vont traduire dans une peinture abstraite les souvenirs qu'ils conservent d'un lieu.
  • D'abord, demandez-leur de penser à un lieu qui soit spécial pour eux (cela peut être un endroit qu'ils ont visité en vacances ou un autre proche et connu). Puis ils doivent écrire une liste de mots qu'ils associent à ce lieu. Vous pouvez suggérer qu'ils ajoutent des adjectifs qui décrivent un état d'esprit, comme « tranquille » ou « chaotique », des substantifs qui décrivent des objets, comme « plage » ou « pin », et des couleurs, comme « gris brumeux ».
  • Puis donnez aux élèves des peintures (rouge, jaune, bleu, noir et blanc), des pinceaux (de différente tailles), une palette et un pot d'eau. Demandez-leur d'inventer au moins cinq couleurs qui évoquent le lieu qu'ils ont choisi. Parlez des couleurs avant de commencer à peindre. Que leur suggèrent les couleurs ? Et à leurs camarades ? Cette activité peut aussi être réalisée en se procurant des nuanciers de couleurs dans un magasin ; demandez à vos élèves de choisir 5 ou 6 couleurs (celles qui illustrent le mieux l'endroit choisi), puis de les disposer (ou coller) sur une feuille.
  • Enfin, distribuez des feuilles ou de petites toiles et encouragez-les à exprimer leur relation avec cet endroit à l'aide de leur palette de couleurs et en utilisant les pinceaux suivant les adjectifs qui décrivent un état d'esprit. Ils doivent s'efforcer de rester dans l'abstraction, mais permettez-leur de représenter un objet s'ils se sentent plus à l'aise avec cette façon de faire.
  • Contemplez ensemble le résultat final et faites en sorte que les élèves commentent leurs choix en s'attachant aux traits de pinceau et aux couleurs. Quel état d'esprit transmettent les œuvres ? De quelle façon suggèrent-elles une relation avec un lieu précis ?

Souvenirs contre observation

  • Dans cette activité, les élèves vont comparer différentes façons de reproduire un lieu : de mémoire et par observation directe. De Kooning a peint Villa Borghese après être revenu à New York d'un voyage à Rome, et sans avoir le parc devant lui. Expliquez à vos élèves qu'ils vont expérimenter la différence entre peindre un lieu qu'ils ont sous les yeux et le faire en partant de leurs souvenirs.
  • Tout d'abord, les élèves doivent penser à un endroit qu'ils ont visité, qui peut être un lieu qu'ils ont découvert en vacances ou un coin de leur ville ou de leur village. Demandez-leur d'écrire un ou deux paragraphes sur les souvenirs qu'ils en gardent, comme les sons, les odeurs, les saveurs, les couleurs, l'ambiance et la température.
  • Ensuite, conduisez votre classe à la cafétéria ou dans la cour du collège, ou dans un parc proche, et demandez-leur d'écrire un paragraphe ou deux sur ce lieu. Qu'y perçoivent-ils ? Quels sons, odeurs, saveurs, couleurs, ambiance et température remarquent-ils ?
  • Les élèves doivent comparer les deux rédactions (celle basée sur les souvenirs et celle basée sur l'observation directe) et partager leurs conclusions avec un camarade. En quoi se ressemblent-elles ? En quoi sont-elles différentes ? Laquelle des deux préfèrent-ils ? Pourquoi ?

 

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