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Yoko Ono. Half-A-Wind Show. Rétrospective

14 mars 2014 – 4 septembre 2014

Thèmes | L’art d’action

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Œuvre découpe (Cut Piece), 1964

Performance interprétée par Yoko Ono. Carnegie Recital Hall, New York, 21 mars, 1965. Photographies de Minoru Niizuma

Les gens sont venus couper les parties qu’ils n’aiment pas chez moi et finalement il ne restait de moi que la pierre qui était en moi mais ils n’étaient toujours pas satisfaits et ont voulu savoir comment est la pierre du dedans.” Yoko Ono1

Aux alentours de 1960, différents termes artistiques comme happening, Performance ou Action, commencent à circuler pour définir les apparitions publiques d’artistes dans le but de se réapproprier la vie au travers d’une action. Les diverses actions théâtrales ou évènements (de structure ouverte et indéfinie), souvent sans aucun scénario ou argument, visaient à contester les conventionnalismes sociaux et à provoquer le spectateur. Au cours de ces années, par leur démarche expérientielle et intuitive, les travaux de Yoko Ono (Tokyo, 1933) ont été un référent pour d’autres artistes d’avant-garde et donc joué un rôle décisif2.

Dès son enfance, Ono a vécu à cheval entre le Japon et les Etats-Unis et cette fusion culturelle lui a permis de développer une pratique artistique dans laquelle se fondent son propre héritage culturel et religieux oriental et les propositions philosophiques occidentales. Et c'est ce regard porté de l’Occident vers l’Orient dans les années 50 et 60 qui a révolutionné l’art international.

En 1960-61, Yoko Ono loue un appartement à Chambers Street, dans le bas de Manhattan, à New York, un lieu pour travailler en liberté et partager avec ses amis les idées radicales qui surgissent de son esprit. Là elle se lie avec La Monte Young (Bern, Idaho, 1935) pour organiser concerts et évènements. Dans cette ambiance, elle fait la connaissance de George Maciunas (Kaunas, Lituanie 1931–Boston, Massachussets, 1978), artiste, architecte et compositeur qui, fasciné par les idées d’Ono, fonde peu de temps après le mouvement Fluxus. Les contributions d’Ono se sont révélées décisives pour la création et l’essor postérieur du mouvement.3

Les membres de Fluxus, attentifs au renouvellement de la musique, du théâtre et des arts plastiques, réalisaient des performances, des concerts et des tournages qui, suivant les idées d’Ono, exigeaient la participation du spectateur pour être complétées. Les postulats révolutionnaires de ces artistes visaient à remettre en question la fonction de l’art et de l’artiste ainsi que la relation existante entre celui-ci et le spectateur. Leur conception de l’art partait du principe que tout le monde peut être artiste et que donc l’art est de tous et pour tous. Ces artistes explorèrent la relation entre l’art et la vie, entre l’objet et l’action, en cherchant toujours à contester la notion traditionnelle d’artiste et d’œuvre d’art.

La performance Œuvre découpe (Cut Piece), 1964, a été présentée pour la première fois par Ono à Kyoto en juillet 1964. Ono assise immobile sur la scène, dans une posture féminine traditionnelle japonaise, invitait les assistants à découper un morceau de sa robe, dans une sorte de rencontre intime avec sa personne avec laquelle le public pouvait expérimenter la sensation d’angoisse et de douleur tacitement suggérée par l’action de couper le vêtement. Ono a signalé qu’elle voulait que les participants puissent “commencer à voir des choses au-delà des formes... entendre les sons que chacun entend quand il est en silence,… sentir l’environnement et la tension dans les vibrations des gens... le son de la peur et de l’obscurité”. L’objectif de cette performance était de mettre en évidence la violence qui, souvent de façon détournée, sous-tend la société dans laquelle nous vivons. 4

Ono a également participé à la révolution à l’encontre des conventions cinématographiques et musicales qui a eu lieu dans les années 60. Les films décrivant des actions isolées et minimales au moyen d’un usage austère et expérimental des ressources cinématographiques, parviennent à des effets d’une grande charge poétique qui enveloppent le spectateur dans une espèce d’aura méditative. Si Eye Blink, Fluxfilm Nº9, 1966, montre le clignotement des yeux de l’artiste, Film Nº1 (Match Piece) Fluxfilm Nº14, 1955/1966, montre en gros plan une allumette jusqu’à sa consumation complète.

Yoko Ono, dans sa formation musicale précoce, a été encouragée dès l’enfance à écouter attentivement les sons quotidiens, qu’elle enregistrait dans son alphabet musical. Dans les performances et les évènements organisés par Fluxus, les sons avaient une grande importance. Déjà auparavant Ono pratiquait une sorte de chant parlé assorti de textes poétiques qu’elle récitait seule ou en compagnie d’autres personnes, tout en émettant des sons témoignant de son extraordinaire registre vocal. Quelques-unes de ces caractéristiques développées à l’occasion de ses performances de l’époque restent toujours présentes dans son travail actuel et sont à la base de son inimitable style musical.5

  1. Yoko Ono, «Statement » dans Biography (1966), publié dans The Stone, Judson Gallery, New York (1966). Texte réimprimé dans YES YOKO ONO, cat. expo. (New York: Japan Society Gallery et Harry N. Abrams, Inc., éditeurs, 2001), p. 28.
  2. Ingrid Pfeiffer. « Bringing the World into Balance ». Cat. exp. Yoko Ono. Half. A. Wind show. A Retrospective. Musée Guggenheim Bilbao, (14 mars 2014–31 août 2014), p. 27.
  3. John Hendrix. « Yoko Ono and Fluxus ». Cat. exp. Yoko Ono. Half. A. Wind show. A retrospective. Musée Guggenheim Bilbao, (14 mars 2014–31 août 2014), pp. 53-54.
  4. Yoko Ono citée dan « Spirit of YES: The Art and Life of Yoko Ono ». Alexandra Munroe. Cat. exp. YES YOKO ONO dans la Japan Society Gallery, New York, (18 oct. 2000–14 fév. 2001), p. 28.
  5. Ingrid Pfeiffer. « Bringing the World into Balance ». Cat. exp. Yoko Ono. Half. A. Wind show. A retrospective. Musée Guggenheim Bilbao, (14 mars 2014–31 août 2014), p. 28.

Regardez un fragment de la vidéo Œuvre découpe (Cut Piece), 1964, sur : www.youtube.com/watch?v=lYJ3dPwa2tI

Décrivez ce que vous avez vu à une autre personne. Quelles personnes apparaissent sur la vidéo ? Quelles actions réalisent-elles ? 

Comment l’artiste est-elle assise ? À votre avis, pourquoi adopte-t-elle cette posture ? 

Ono a déclaré qu’elle avait utilisé sa meilleure robe à un moment où elle disposait de très peu de ressources. Décrivez son vêtement. Quel a pu être le motif du choix de ce vêtement ? Observez l’expression du visage de Yoko Ono pendant la mise en pièces de la robe. Traduisez les sentiments qu’à votre avis exprime son visage. Comment décririez-vous l’attitude des participants ? 

Écoutez le son de l’enregistrement. Quelle atmosphère semble régner dans l’auditoire ? Demandez à chaque élève de la définir d’un seul mot et de l’écrire sur un morceau de papier. Échangez les papiers avec les mots et demandez-leur de les lire à voix haute et d’indiquer s’ils sont ou non d’accord avec le mot.

Dans Œuvre découpe (Cut Piece), 1964, il n’existe pas d’autre son que le son environnemental, mais ces sons prennent un grand relief et peuvent être entendus comme une musique. Réfléchissez sur la valeur du silence, des sons ou d’une mélodie musicale dans le déroulement d’un évènement.

Comment vous sentiriez-vous si vous étiez dans le rôle de l’artiste ? Comment vous sentiriez-vous si par contre vous étiez l’un des participants ? Que pensez-vous du fait que le public participe aux œuvres d’art ? À votre avis, pourquoi Ono veut-elle que le public participe à cette action?

Poèmes sonores

Sortez aux alentours de l’école à la recherche de sons en utilisant des magnétophones. Demandez à vos élèves d’enregistrer différents sons comme le murmure de l’eau de la rivière, les vagues de la mer, le passage des voitures, le vent, voire même les sons qui ne peuvent pas être entendus, comme le son d’une fleur ou le son du soleil, etc. Confectionnez un cahier de travail pour pouvoir identifier ensuite chacun des sons.

Une fois de retour à l’école, écoutez les sons enregistrés en classe en expliquant à vos camarades de quel son il s’agit et essayez d’interpréter ces sons comme des poèmes sonores exprimant les sensations qu’ils transmettent à chacun.


Mélodie quotidienne

Préparez une action dans la salle de cérémonie de l’école ou dans la salle de classe. Invitez tous les élèves à participer.

Placez une table sur l’estrade avec toutes sortes d’objets quotidiens (bouteilles, cuillères, papiers, cailloux, billes, stylos-bille, une poche de biscuits, une montre faisant tic-tac ou un réveil, etc.). Derrière la table, placez des chaises pour que les participants s’assoient comme dans un orchestre. Invitez les élèves à choisir un objet et à occuper les chaises. Une fois toutes les chaises occupées, ils doivent agiter et frapper les objets, soit, en définitive, mettre en évidence les différents sons qui peuvent surgir des objets quotidiens en essayant de créer une mélodie. Enregistrez l’activité avec un magnétophone ou une caméra vidéo.

Une fois le "concert" fini, écoutez et/ou regardez de nouveau l’action et commentez les résultats et les sensations expérimentées.


Expressions

L’activité consiste à filmer en vidéo quelques minutes de premiers plans des yeux d’un de vos camarades de classe. Pendant le film, le participant sera invité à sourire, à montrer une expression de colère, d’étonnement, d’ennui, etc.
Une fois les enregistrements terminés, projetez les vidéos et vérifiez le changement d’expression des yeux avec chacune des grimaces réalisées, en observant en même temps les différences sur chacun des visages des élèves. Exprimez les sensations qu’ils leur transmettent.


VOCABULAIRE

Art d’action : Pratique artistique pour définir les apparitions publiques d’artistes, dans lesquelles diverses actions théâtrales ou évènements, souvent sans aucun scénario ou argument, se produisent en même temps. Ces actions, généralement provocatrices, ont pour but de secouer les conventionnalismes sociaux et de relier l’art à la vie depuis l’étude du comportement.

Fluxus: Développé autour de la figure centrale de George Maciunas, le mouvement fluxus était une attitude, un style subversif qui contestait les interprétations institutionnelles de l’art. Les artistes du mouvement fluxus exploraient les liens entre les arts plastiques, la poésie, la musique, la danse, et le théâtre en expérimentant des formes d’expression plus radicales comme les actions ou les happenings dans lesquels le hasard et l’humour jouaient un rôle fondamental.

Happenings : Pièce théâtrale sans narration jouée dans un atelier, une galerie ou un lieu peu conventionnel, généralement avec la participation directe du public. De telles actions font appel à des objets usagés et manipulés et à de la musique, électronique ou en direct, et parfois sont expressément construites dans des ambiances particulièrement sophistiquées.


RESSOURCES EN LIGNE:

• Happening/Performance/Art d’action
www.buenosaires.gob.ar/areas/cultura/arteargentino/02dossiers/accion/0_intro.php
www.accionmad.org
www.aspaceforliveart.org
www.contenedoresfestival.es
www.revistalabolsa.com/index.php
www.arton.es/ARTON/HOME.html

• Fluxus:
www.cccb.org/rcs_géné/fullma_web_xcentric_3_cast.pdf

• Œuvre découpe (Cut Piece), 1964:
www.youtube.com/watch?v=lYJ3dPwa2tI

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