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Egon Schiele

2 octobre 2012 – 6 janvier 2013

Thèmes | Couple assis, 1915

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Couple assis, 1915
Aquarelle, crayon et tampon
51,8 x 41 cm
Albertina, Vienne

Moi, j’aimais tout, je voulus regarder avec amour les gens furieux pour contraindre leur regard à me rendre la monnaie de ma pièce ; et les envieux, je voulais les combler de dons et leur dire que je ne valais rien.

—Egon Schiele (1)

Tant s’il est l’expression d’une critique politique ou sociale, ou celle d’idées existentielles, l’art d’Egon Schiele (Tulln, Autriche, 1890–Vienne, 1918) possède souvent une dimension symbolique ou allégorique. L’art l’intéressait pour deux motifs : parce qu’il considérait que lui-même contribuait à la tradition figurative européenne, dans les pas de son mentor, Gustav Klimt (1862–1918), qui faisait également usage du symbolisme et de l’allégorie dans ses peintures, et parce qu’en tant qu’artiste, il pouvait exhiber sa capacité intellectuelle et son habileté technique à travers ce type d’œuvres (2).

Un des fait les plus significatifs de la courte vie de Schiele, en particulier pour ses peintures allégoriques, survint en avril 1912, lorsqu’il fut arrêté pour avoir créé ce qui à l’époque était considéré de la pornographie et pour avoir séquestré une jeune fille. A cette période, Schiele vivait dans la banlieue de Vienne avec sa fiancée, « Wally » Neuzil (une situation condamnable en soi à l’époque), et il accueillait souvent chez lui des enfants de la ville pleins de curiosité pour son travail. Des rumeurs commencèrent à se propager (3) jusqu'à que les protestations parviennent aux oreilles de la police qui confisquera plus d’une centaine de dessins érotiques de Schiele. Bien que les charges de séquestration et de séduction d’une mineure aient été retirées, l’artiste dut passer 24 jours en prison et le juge brûla un de ses dessins en public. En réponse, Schiele commença à utiliser son art comme un moyen de contester l’ordre établi qui l’avait jeté en prison, et à défier une culture qui, à ses yeux, ne le comprenait ni lui ni son talent (4).

Les portraits de couples de Schiele sont un bon exemple de ses œuvres allégoriques. En 1915, il épouse Edith Harms, issue d’un milieu social supérieur à celui de Wally qui, à partir de cette date, cesse de poser pour Schiele. Dans nombre de ses portraits de couples entrelacés, un sentiment de séparation ou d’angoisse est clairement perceptible, comme dans Couple assis (1915). Dans cette gouache, le couple fait fonction d’allégorie de la relation entre l’homme et la femme, voire même entre la vie et la mort (5). On peut y voir une femme entourant un homme de ses bras de derrière ; son visage est celui d’Edith et l’homme, qui représente Schiele, semble un pantin, sans défense et complètement à la merci de la femme placée derrière (6). Le portrait montre les sentiments contradictoires de l’artiste vis-à-vis d’Edith. Bien qu’elle soit dépourvue de la robuste sensualité de Wally, Edith est innocente, loyale et le soutient. Dans d’autres portraits de 1915 apparaît également une figure humaine comme une sorte de mannequin grandeur nature.

1. Egon Schiele, Visions, Die Aktion (Berlin), 1914, cité in Frank Whitford, Egon Schiele (Londres: Thames and Hudson, 1981), p. 95.

2. Ibid., p. 109.

3. Ibid., p. 115.

4. Egon Schiele : The Leopold Collection, Vienna, cat. expo. (Cologne : DuMont ; New York : Museum of Modern Art, 1998), p. 21.

5. Egon Schiele, cat.expo. (Bilbao : Musée Guggenheim Bilbao), p. 162.

6. Whitford, Egon Schiele, p. 158.

Regardez ensemble Couple assis, 1915. Demandez à vos élèves de dire ce qui attire leur attention. Comparez les figures : quelles différences présentent les traits de leur visage ? En quoi leur langage corporel et leurs proportions physiques sont-ils semblables et différents ? 

Certains disent que la figure masculine est comme un pantin. Qu’en pensent vos élèves ? Est-ce ou non le cas ? Pourquoi ? 

Cette œuvre a été créée à une période importante de la vie de Schiele. En 1915, il met fin à sa longue relation avec son modèle et fiancée pour se marier avec Edith Harms, qui apparaît ici. L’œuvre est considérée comme symbolique des sentiments du peintre à l’époque. Demandez à vos élèves ce qu’à leur avis elle peut signifier.

Aucun artiste n’a eu autant d’influence sur Schiele que Gustav Klimt. Klimt était célèbre pour ses grands portraits symboliques ou allégoriques. Montrez à vos élèves son célèbre tableau Le Baiser, de 1908. Comparez le portrait de Klimt au Couple assis de Schiele. Quelles ressemblances et quelles différences perçoivent vos élèves ? Encouragez-les à réfléchir sur les proportions, la perspective, la couleur, les éléments décoratifs et la relation entre la figure et ce qui l’entoure. Comment Schiele rompt-il avec le style de Klimt ? De l’avis des élèves, qu’a pu Schiele lui emprunter ? Demandez-leur de choisir l’œuvre qui leur plaît le plus et pourquoi.

Dessins allégoriques

Expliquez le sens du mot « allégorie ». Votre classe a-t-elle lu un livre ou entendu une histoire qui peut être considérée allégorique ? Nombre de peintures de Schiele sont considérées comme allégoriques ou symboliques de sa pensée critique, tant de la politique que de la morale de son temps. Pour cette activité, les élèves doivent penser à quelque chose qui leur semble mal dans la société actuelle, ou plus concrètement, dans leur collège. Ils peuvent critiquer le traitement donné aux pauvres, ou à l’environnement. Dans le cas du collège, ils peuvent désirer la disparition du harcèlement ou du racket. Ils doivent écrire des analogies ou des métaphores comparant les sujets qu’ils veulent dénoncer à d’autres choses qui les représentent. Finalement, ils doivent faire un dessin de leurs analogies ou métaphores. Demandez à vos élèves de regarder les dessins allégoriques des autres. Dans ce qu’ils voient, peuvent-ils discerner quels sont les sujets que leurs camarades critiquent ? 

Du poème à la peinture

Pour cette activité, les élèves doivent écrire un poème basé sur une image ou une œuvre d’art. Demandez-leur de regarder Couple assis et d’écrire quelques mots ou phrases inspirés de l’œuvre. Commentez la peinture et demandez-leur d’écrire quelques mots ou phrases de plus. Comparez ce qu’ils ont noté. Qu’est-ce qui a changé après avoir parlé avec les camarades sur la peinture ? Quelles nouvelles idées referment leurs phrases ?

Maintenant les élèves doivent réordonner les mots ou phrases pour composer un poème ou un bref récit. Comment leurs premières idées se transforment-elles au cours de ce processus ? 

Dessiner des figures en perspective

Dans son travail, Schiele aimait expérimenter avec différentes perspectives ou points de vue (1). L’artiste était connu pour dessiner ses modèles en plongée, juché sur une échelle, ou pour peindre des paysages urbains à partir d’une tour. Pour cette activité, demandez à vos élèves de se mettre deux par deux et de commenter les différentes perspectives (d’en haut, d’en bas, de derrière, de loin ou de près) qu’ils pourraient utiliser pour peindre un portrait de leur camarade. Quels sont les défis que pose cette activité ? Comment une nouvelle perspective peut-elle modifier la façon dont apparaît un sujet, l’émotion que suscite l’œuvre et/ou ce qu’elle signifie ? 

1. Egon Schiele : The Leopold Collection, p. 21.

 

Vocabulaire

Allégorie : histoire, poème ou image qui peut avoir un sens caché, normalement de type politique ou moral.

Gouache : technique picturale semblable à l’aquarelle qui utilise des pigments opaques à base d’eau et une substance semblable à la colle comme agglutinant.

Ressources web

Allegory in Painting Lesson Plan, The National Endowment for the Humanities, Washington, D. C.
Figure Drawing Lab, Université d’Evansville, États-Unis.

Bibliographie

Egon Schiele (7 décembre 2005 – 19 mars 2006), Albertina, Vienne
Egon Schiele : The Leopold Collection, Vienna
, cat. expo. (Cologne : DuMont ; New York : Museum of Modern Art, 1998.
The Figure Drawing Lab. Université d’Evansville, États-. Unis.
Friedel, Helmut et Helena Perena, éd. Egon Schiele : The Unsalvageable Ego: Works from the Albertina, cat. expo. Cologne : Wienand, 2012.
Vincent, Clare. Auguste Rodin (1840–1917). Metropolitan Museum of Art, New York.

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