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L’art de notre temps. Chefs-d’œuvre des Collections Guggenheim

23 septembre 2014 – 3 mai 2015

« Lorsque les choses manquent ou échouent, je crois que c’est un bon moment pour commencer à peindre ».

James Rosenquist, Capsule flamant (Flamingo Capsule), 1970
Huile sur toile et Mylar aluminisé, 290 x 701 cm.
Guggenheim Bilbao Museoa

 

 

L’artiste américain James Rosenquist (Grand Forks, Dakota du Nord, 1933) s’est attaché à refléter au cours des quatre dernières décennies le monde dans lequel nous vivons. Ses oeuvres constituent une réflexion sur les évènements d’actualité, la vie contemporaine et d’autres aspects de la vie moderne, tels que les questions sociales, politiques, économiques et environnementales. Pendant une grande partie de sa trajectoire artistique, Rosenquist a également manifesté sa fascination et sa curiosité pour le cosmos, la technologie et les théories scientifiques.

Enfant, il se passionnait pour les voitures et les avions. Sa mère lui donnait de vieux rouleaux de papier peint sur lesquels il enchaînait les longues séquences narratives et illustrait des batailles imaginaires. (2) Il aimait aussi construire des maquettes d’avions, a partir desquelles il en est même venu à créer ses propres modèles. (3) En 1955, il s’installe à New York grâce à une bourse d’un an pour étudier à l’Art Students League. À New York, il s’emploie comme peintre de panneaux publicitaires, à Times Square et à Manhattan, et apprend les techniques de la peinture figurative et commerciale de ses collègues de travail. En 1960, il abandonne ce travail de peintre publicitaire et loue un petit atelier à Manhattan. Dès cet époque, il applique déjà à ses propres grands formats les techniques apprises en peignant les panneaux et les annonces commerciaux. Il développe son propre style en incorporant la langage de la publicité au contexte des beaux-arts, une pratique qui sera connue plus tard sous le terme de Pop Art.

Le style de Rosenquist évolue de la fragmentation et la recombinaison d’images tirées de la publicité, pour lesquelles il utilise de la peinture commerciale, à l’œuvre à grande échelle. À contrecourant de la tendance dominante qu’est l’Expressionnisme Abstrait, il développe une œuvre plus proche de celle de ses contemporains Roy Lichtenstein (New York, 1923–New York, 1997), Claes Oldenburg (Stockholm, 1929) et Andy Warhol (Pittsburgh, Pennsylvanie, 1928–New York, 1987). Il devient vraiment connu à partir de sa toile monumentale F-111 (1964–65). Cette œuvre, longue de plus de 26 mètres, constitue une critique du complexe militaro-industriel qui sous-tend la culture de consommation de masse en pleine expansion aux États-Unis. Elle a été souvent vue comme une déclaration anti-guerre. En mars 1967, Rosenquist s’installe avec sa famille à East Hampton (New York). La taille de son nouvel atelier lui permet de peindre plusieurs toiles de grande taille, comme Capsule flamant (1970). Toutefois, bien qu’il travaille à grande échelle, Rosenquist ne s’attache pas spécialement à reproduire des objets entiers. La méthode qu’il utilise pour organiser son travail, et qu’il continue à utiliser aujourd’hui, met plus l’accent sur les fragments de thèmes de son œuvre.

Capsule flamant est dédié aux trois astronautes morts dans l’incendie fortuit de l’Apollo 1 le 27 janvier 1967 au cours d’une séance d’entraînement. L’Apollo 1 faisait partie de l’initiative américaine d’exploration spatiale et devait être le premier programme de débarquement sur la Lune. L’équipage s’entraînait depuis plusieurs heures lorsqu’un incendie se déclara à l’intérieur de la capsule. L’abondance d’oxygène provoqua une propagation rapide des flammes. Les astronautes dans la capsule essayèrent de l’ouvrir, mais n’agirent pas assez vite. La mission, apellée à l’origine Apollo/Saturne 204, fut rebaptisée Apollo 1 en l’honneur des trois astronautes décédés : Virgil I. Grissom, Roger B. Chaffee et Edward H. White.

1. James Rosenquist et David Dalton, Painting Below Zero: Notes on a Life in Art, New York : Alfred A.Knopf, 2009, p. 195.

2. Ibid., p. 13.

3. Ibid., p. 14.

Demandez aux élèves de décrire ce tableau de la façon la plus détaillée possible. Quelles images reconnaissent-ils ? Quelles sont les pièces les plus déconcertantes ? 

Demandez-leur d’établir une relation entre la peinture et l’évènement qui vient d’être exposé. Quelles choses, à leur avis, peuvent être reliées à l’Apollo 1 ? Quels sont les objets qu’ils peuvent associer à la tragédie ? Demandez-leur de retrouver ces images : un uniforme en aluminium ondulé orné du drapeau américain, une poche de nourriture froissée et déformée, et des ballons qui flottent dans l’air en formant un arc ? (1)

Selon la description de Rosenquist, la composition suggère « un incendie dans un espace confiné » et des « objets flottant dans tout le vaisseau ». (2) Est-il parvenu à traduire picturalement ces deux idées ? Comment ? 

Maintenant, les élèves connaissent l’histoire qui sous-tend la peinture. Demandez-leur quelle est leur réaction devant cette toile. Pourquoi, à leur avis, cet accident a-t-il inspiré l’artiste pour créer une œuvre si poétique ? S’ils pouvaient procéder autrement, que changeraient-ils ? Pourquoi ? 

 

1. « Capsule flamant », La Collection, Musée Guggenheim Bilbao,

2. Ibid.

  • Demandez aux élèves de chercher des nouvelles dans la presse sur l’accident de l’Apollo 1. Une fois qu’ils auront lu toute l’information qu’ils auront trouvée, encouragez-les à créer leur propre œuvre à partir de leur réaction à cet évènement.
  • Rosenquist utilise une technique appelée agrandissement à l’échelle pour augmenter la taille des petites images de ses collages et obtenir d’énormes toiles.

 

Matériel

- magazines ou journaux
- un cadre de papier de 7 x 9 cm, découpé au centre d’une feuille de papier
- crayons de dessin à pointe dure ou tendre
- règle
- deux feuilles de papier

 

Instructions

1) Demandez aux élèves de feuilleter journaux et magazines jusqu’à trouver une image en noir et blanc d’un évènement ou une actualité. Utilisez le cadre en papier pour choisir une partie de la photographie à détacher. Cherchez des compositions intéressantes et des contrastes entre les tons sombres et clairs. Tracez et découpez la zone sélectionnée et placez-la au centre d’une feuille de papier. Puis réalisez un quadrillage de 4 x 4 sur l’image, en la divisant en 16 carrés de 1,75 x 2,25 cm chacun.

2) Demandez aux élèves, en tenant le crayon légèrement (pour tracer des lignes claires), de quadriller leur feuille, mais cette fois avec des carrés de 5,25 cm x 6,75 cm. Sur les deux quadrillages, noter, comme pour un graphique, des numéros sur le côté vertical et des lettres sur le côté horizontal.

3) Pour finir, commencez à reporter ce qui apparaît sur l’image quadrillée sur le papier de plus grande taille. Pour cela, redessinez l’image dans le carré correspondant du quadrillage de plus grande taille en dessinant dans chaque carré successivement. Ce processus demande beaucoup de temps et d’attention ainsi qu’un travail minutieux, mais il facilite un agrandissement précis de l’image.

 

Vocabulaire

Agrandissement : technique utilisée traditionnellement dans l’art commercial pour agrandir une image au moyen d’un quadrillage proportionnel.

Expressionnisme abstrait : mouvement pictural américain qui se développe à New York dans les années 1940 et qui défend l’expression spontanée de l’émotion sans aucune référence à une représentation ou réalité physique.

Pop Art : mouvement artistique apparu dans les années 1950 qui explore l’univers de la culture populaire, d’où son nom. Les artistes pop ont basé leurs techniques, leur style et leurs images sur certains aspects de la reproduction massive, des médias et de la société de consommation en s’inspirant de la publicité, des magazines à scandales, des panneaux publicitaires, de la télévision, des bandes dessinées et des vitrines de magasins. Les images, traitées avec humour, créativité et ironie (souvent pour les détourner), peuvent être interprétées comme un hommage ou comme une critique de la culture populaire.

Quadrillage : réseau de lignes horizontales et verticales séparées uniformément entre elles.

 

Resources

+ d’information sur James Rosenquist :

Musée Guggenheim Bilbao, La Collection, Capsule flamant

Murphy, Tim. « 110 Minutes With James Rosenquist », New York Magazine, 29 novembre 2009.

Site web officiel de James Rosenquist

Solomon R. Guggenheim Museum, Arts Curriculum, James Rosenquist: A Retrospective

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