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Parler avec les mains
Photographies de la Collection Buhl

25 novembre 2005 – 22 mars 2006

L'exposition Parler avec les mains. Photographies de la Collection Buhl réunit une sélection d'environ 170 photographies centrées sur la mise en valeur des mains comme sujet photographique en raison, notamment, des possibilités qu'offre ce médium pour capter des fragments, des détails et des mouvements éphémères.

Les photos proviennent de la vaste collection du philanthrope bien connu Henry M. Buhl, qui après 30 ans de carrière comme courtier spécialiste de l'investissement, a abandonné son activité professionnelle pour s'installer dans le quartier de SoHo, à New York, et s'y consacrer à la photographie.

Parmi les nombreuses institutions artistiques auxquelles il participe, Henry M. Bulh est membre du Comité de Photographie du Solomon R. Guggenheim Museum de New York. Quant à la Fondation qui porte son nom, elle octroie une bourse biennale à l'excellence dans la photographie. En outre, Henry Buhl est particulièrement apprécié pour son engagement social, en tant que fondateur et animateur de l'organisation Partnership, qui se consacre à l'intégration des marginaux dans la société par le biais d'un programme de formation professionnelle plein de succès.

Dans les photos que présente cette exposition, la présence des mains apparaît autant dans sa littéralité, comme dans le contexte, par exemple, du portrait, que de façon figurative sous forme de gestes tirés d'images documentaires. Couvrant la totalité de l'histoire de ce médium, l'accrochage offre un panorama complet des pratiques photographiques, de la photographie scientifique et journalistique à la photographie artistique, en accordant une attention particulière au travail des artistes contemporains.

Ce choix de photos, organisé en catégories historiques et en sections thématiques plutôt que selon des critères chronologiques, réunit des œuvres d'artistes aussi importants que, entre autres, Janine Antoni, Diane Arbus, Richard Avedon, Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, William Eggleston, Walker Evans, Nan Goldin, Andreas Gursky, Dorothea Lange, Annie Leibovitz, Robert Mapplethorpe, László Moholy-Nagy, Nadar, Shirin Neshat, Gabriel Orozco, Man Ray, August Sander ou Cindy Sherman.

En octobre 1993, Henry M. Buhl achète une photographie des mains de Georgia O’Keeffe réalisée par Alfred Stieglitz. Ce geste constitue le prélude d’une collection privée qui, aujourd’hui, compte plus de mille clichés pris par les photographes les plus réputés, mais aussi par des artistes moins connus et des jeunes créateurs. Avec les mains comme dénominateur commun, Buhl est parvenu à réunir des images qui non seulement couvrent toute l’histoire de la photographie, d’un cliché de dessin photogénique réalisé en 1840 par William Henry Fox Talbot aux séries de polaroïds de Cornelia Parker de 2002, mais aussi recoupent les pratiques les plus diverses comme la photographie scientifique, le photojournalisme ou la photo artistique marquée au coin de la contemporanéité.

Le thème des mains dans la Collection Buhl analyse la nature même de la photographie en dévoilant quelques-uns des aspects qui caractérisent le collectionnisme photographique. Regroupées en sections thématiques et en catégories historiques, l’accrochage présente plus de 160 images réalisées par environ 150 artistes appartenant à la Collection Buhl. Cet ensemble est axé sur les mains comme sujet photographique récurrent, en particulier à cause de la facilité de cette technique à capturer les fragments, les détails et le mouvement éphémère.

Une section significative de Parler avec les mains: photographies de la Collection Buhl est consacrée aux portraits de mains faisant fonction de représentation métonymique de la personne. Quand le sujet est identifié, qu’il soit artiste, acteur ou athlète, les portraits semblent révéler la nature de la profession du modèle et la raison de sa célébrité. Les portraits d’acteurs et de danseurs se caractérisent par une gestuelle théâtrale conventionnelle ; les expressives gesticulations d’individus anonymes se retrouvent dans de poétiques représentations de la vie quotidienne ; et les images de photojournalisme reflètent les gestes rhétoriques auxquels ont recours les hommes politiques charismatiques. Dans ces photographies documentaires, les mains sont clairement porteuses de sens, même si celui-ci relève d’un contexte de plus grand envergure.

L’exposition étudie aussi des œuvres abstraites et manipulées allant des années vingt aux années cinquante, dans lesquelles les mains sont présentées de manière fragmentée et fétichiste. Nombre de ces pièces ont vu le jour dans le cadre de mouvements artistiques d’avant-garde comme le constructivisme, le surréalisme ou la Bauhaus, ou sous leur influence. L’expérimentation avec cette technique nous offre des photogrammes qui montrent aussi bien des mains réelles présentées directement que des photomontages qui déconstruisent et recomposent les mains de façon suggestive.

Une grande partie de la Collection Buhl est consacrée à l’art des 25 dernières années. La plupart de ces pièces sont conceptuelles et se distinguent des œuvres précédentes par leur échelle et le traitement de la couleur. Dans les années soixante-dix, de nombreux artistes conceptuels et de performances ont fait appel à la photographie pour documenter l’interaction de leur corps avec son environnement et pour créer une représentation directe de la vie et de l’expérience quotidienne. Des photographies postérieures expriment le goût du risque et du grotesque, au fur et à mesure que les artistes incorporent des gestes de la performance dans leurs représentations du corps, celui-ci étant, généralement, leur propre corps.

Les œuvres contemporaines de Parler avec les mains se caractérisent aussi par l’intérêt accordé à la représentation visuelle du langage, qui date de la décennie quatre-vingt. Dans ces pièces, l’appropriation de représentations médiatiques de gestes des mains et la juxtaposition des images de mains et textes annoncent, au sein de l’exposition, les images abondamment conceptuelles des années quatre-vingt-dix.

Jennifer Blessing
Commissaire de l’exposition

Gregory Crewdson

Sans titre (Sin título), 1995

Copie couleur

101,6 x 127 cm

Édition 3 sur 6
Collection Buhl

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