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David Salle

18 janvier 2000 – 14 mai 2000

David Salle est l'un des principaux artistes américains qui ont surgi au début des années 80. Son style de peinture, si particulier, a joué un rôle dans la renaissance internationale de la peinture figurative de grand format qui a caractérisé une grande partie de la production artistique de cette décennie. Cette vaste rétrospective, organisée par le Stedelijk Museum d'Amsterdam, recouvre vingt ans de carrière de l'artiste, depuis 1980 approximativement jusqu'à nos jours.

Salle, qui vit et travaille à New York, a grandi dans le Middle West américain. Dans les années 70, il suit des études au California Institute of the Arts, de récente création; c'est là qu'il commence à utiliser dans sa peinture des techniques cinématographiques comme le montage et l'écran divisé. A la fin de ses études, il s'installe à New York, où ses images, complexes et visuellement stimulantes, attirent rapidement l'attention des cercles artistiques internationaux de la décennie 80.

L'artiste, comme beaucoup de créateurs de sa génération, doit une grande partie de son riche vocabulaire visuel aux images trouvées qui lui ont servi d'inspiration. En reprenant des scènes de l'histoire de l'art, de la publicité, du design et de la culture populaire, Salle crée un assemblage de références culturelle mixtes. Dans ses peintures, nous pouvons retrouver des allusions à des œuvres des artistes baroques Velázquez et Bernini, du peintre postimpressionniste Cézanne, des surréalistes Giacometti et Magritte et de l'artiste américain d'après-guerre Jasper Johns. Outre des Beaux-Arts, Salle s'inspire aussi des arts décoratifs et de l'art érotique. Nous voyons souvent dans son œuvre des représentations érotiques de figures féminines que l'artiste a photographiées dans son atelier, ainsi que des images d'éléments et d'intérieurs qu'il a copiés de diverses sources. A ces scènes il juxtapose parfois des objets tridimensionnels de design, parmi lesquels nous retrouvons des tables, des toiles imprimées et des bouteilles, ou il leur donne divers noms ou titres superposés se référant à la littérature et au cinéma, comme Tennyson ou King Kong.

L'œuvre de Salle est emblématique de ce que l'on a appelé la post-modernité. Si le protagoniste de la modernité fut auto-réflexif, l'artiste postmoderne recherche la transcendance au sein d'un monde matériel fragmenté. Salle dessine à partir de ce monde et en crée un autre dans lequel les contextes originels d'images et de styles vont s'évanouissant comme de lointains souvenirs. Ses tableaux neutralisent et subvertissent les conventions narratives en les transformant en évènements visuels qui insistent sur la primauté du voir et dont le but est de réveiller des émotions.

Outre les toiles présentées dans cette exposition, la diverse production de Salle comprend des sculptures, le film Search and Destroy et des décors pour les ballets d'inspiration punk chorégraphiés par Carole Armitrage, qui apparaît fréquemment dans ses tableaux de la fin des années 80, comme Référence de Byron à Wellington (Byron's Reference to Wellington) (1987).

Depuis les années 80, David Salle se maintient dans une attitude de défi vis-à-vis de lui-même et du monde artistique international. Dans les années 90, il a travaillé au développement de plusieurs séries d'œuvres différentes, souvent de façon simultanée.

Salle a commencé la décennie 90 avec ses Peintures de tapis (Tapestry Paintings), qui s'inspirent dans leur réalisation du design de tapis italiens du XVIIe siècle. Son application de la peinture sur des supports grossiers donne à chaque tableau l'aspect et le toucher d'une toile tissée. A la différence d'une grande partie de son œuvre antérieure, constituée de diptyques ou de triptyques, chacune de ces peintures constitue un seul tableau, dans lequel il a stratégiquement inséré de petites images dans le but de rompre la composition et le sens originels du tapis. D'autres images, comme les bulles de texte de bandes dessinées et les têtes de marionnettes de Bunraku, brisent encore plus le récit tout en introduisant un élément d'humour dans ces scènes reconstruites. En comparaison avec ses représentations féminines des années 80, les femmes des panneaux en grisaille insérés apparaissent généralement vêtues comme des arlequins ou des personnages similaires. La provocation sexuelle de ces figures est moindre, sans disparaître toutefois totalement.

En 1993, Salle crée ses Peintures de production précoce (Early Product Paintings), comme Éclats de rire de sortie (Exit Laughing), qui rappelle l'œuvre du peintre Pop américain James Rosenquist par son mélange d'annonces de boissons alcooliques, d'appareils électroménagers et de cigarettes. Plus ou moins à la même époque, Salle réalise également sa série de Peintures de ballet (Ballet Paintings), dont les arrière-plans sont basés sur des photos des années 50 prises au cours des répétitions des étoiles du Ballet de Paris et qui font apparaître sa plus grande liberté de trait à ce jour.

L'œuvre récente de Salle est centrée sur des ours, des intérieurs, des verres et des miroirs. En comparaison avec son œuvre antérieure, ces tableaux possèdent généralement plus de couleur et moins d'éléments basés sur la photographie. En outre, la plupart des panneaux insérés ne sont plus strictement rectangulaires ou ovales, mais incurvés ou en forme d'étoile. L'artiste Salle gagne en maturité et continue à nous fasciner par ses nouvelles tentatives de développer et de réinventer son iconographie. Au cours de toute sa carrière, Salle a créé un style intuitif, changeant, bâti à partir de sources extrêmement diverses, qui s'avère aisément reconnaissable et qui lui appartient en propre.

Craig Houser
Comissaire adjoint

David Salle

Comédie (Comedy), 1995

Acrylique et huile sur toile

243,8 x 365,8 cm

Acquis grâce aux fonds apportés par le International Directors Council; M. et Mme. Edward V. Shuffro; The Eli Broad Family Foundation; et Rachel Lehmann

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