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Cadres de référence: réflexions sur les médias

23 septembre 2000 – 4 octobre 2000

Cadres de référence nous présente l'œuvre récente de réalisateurs de cinéma et de vidéo qui révisent les différents rôles joués par la télévision, la photographie, le cinéma, la vidéo et les technologies de l'image dans la construction des identités publiques et privées. Tandis que de nombreux artistes représentés dans cette exposition dénoncent l'influence omniprésente des médias en s'efforçant de dévoiler comment la caméra met en forme la perception de la réalité, d'autres, en revanche, tournent leur regard vers des formes plus personnelles, comme les films et les enregistrements vidéos tournés chez soi qui font fonction de journal intime.

Les programmes de Cadres de référence, rassemblés par thèmes, combinent des films et des vidéos venant des États-Unis et d'Amérique Latine et illustrent parfaitement la capacité de ces œuvres à dépasser les frontières nationales. Certains travaux étudient avec pugnacité comment les médias contribuent ou réussissent à déstabiliser notre sens du spatial, du local ou de l'identité nationale. D'autres artistes abordent l'identité et la représentation en analysant la présence des groupes ethniques et sociaux dans les descriptions des médias, dans quels cercles sont projetées ces images, et comment il est donné forme à ces représentations. Fondamentalement, les œuvres mettent l'accent sur les protagonistes des histoires, sur les narrateurs et sur le public auquel elles s'adressent. La série s'attarde aussi sur les moyens mis en œuvre par les standards du cinéma commercial et de la télévision que détermine l'industrie pour modeler nos attentes et notre compréhension des récits et des événements. Certains réalisateurs explorent et dénoncent la fascination du grand public pour les célébrités et le rôle joué par les médias dans la création d'icônes populaires. D'autres, par contre, participent à des projets de collaboration avec des personnes socialement en marge ou avec des groupes ignorés par les médias les plus importants. Cette diversité nous permet de partager des récits et des types de narration plus complexes et pluriels.

La formation de l'histoire et de la mémoire constitue un thème central pour la plupart des artistes de la série; ils s'interrogent sur la façon dont les images photographiques et les représentations cinématiques peuvent codifier des images au sein de cadres historiques concrets. Ils ont récupéré et révisé des séquences d'actualités et d'archives pour examiner les affirmations de "vérité" documentaire dans la production cinématographique non fictionnelle. Ils ont aussi étudié la fonction du réalisateur de documentaires, sans oublier la relation et les responsabilités de celui-ci vis-à-vis d'une communauté quand il la représente au cinéma. Les documentaires personnels décrivent non seulement les inquiétudes propres à chaque cinéaste mais aussi comment la grande disponibilité de caméras et de petits appareils vidéo et de cinéma a favorisé la création d'archives familiales extra-officielles, posant ainsi la question de savoir ce que capte ou ne capte pas la caméra.

Aussi bien dans les œuvres documentaires que de fiction, les genres traditionnels, consciemment imités et exploités, donnent lieu à de nouveaux hybrides qui reflètent les thèmes contemporains dans des rencontres qui, tout en évitant la lourdeur didactique, s'avèrent cependant tout à la fois stimulantes et sérieuses. L'humour sert à déstabiliser nos prémisses sur la vérité documentaire pour aborder des questions complexes et socialement controversées que négligent habituellement les massmédias et pour rappeler ironiquement comment il a été permis que la technologie des médias se développe librement. Les réalisateurs de cette série, d'autre part, ne peuvent s'empêcher de nous rappeler le pur plaisir et la magie liés à l'image en mouvement et au fait de voir comment "prend vie" une reproduction mécanique. Toutes leurs recherches, imprégnées de la fantaisie qui entourait à la fin du XIXe siècle la création et la vision des premières images en mouvement,nous transportent maintenant avec autant de magie jusqu'au siècle prochain.

Cadres de référence présente des projets de boursiers de Cinéma/Vidéo/Multimédia des États-Unis, du Brésil et du Mexique. Les bourses de Cinéma/Vidéo/Multimédia des Fondations Rockefeller sont allouées aux artistes audiovisuels étatsuniens depuis 1988 et aux artistes latino-américains depuis 1992. La Fondation John D. and Catherine T. MacArthur cofinance les bourses latino-américaines avec la Fondation Rockefeller. Le programme de bourses a donné à plus de 200 artistes l'opportunité d'explorer et de partager leurs visions personnelles.

L'exposition a été organisée par Maria-Christina Villaseñor, Conservatrice adjointe de Cinéma et Audiovisuels et par John G. Hanhardt, Conservateur en chef de Cinéma et Audiovisuels du Solomon R. Guggenheim Museum.

Leandro Katz

Le jour où tu maimeres (El día que me quieras), 1998

Photo: Freddy Alborta

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